Lou Rawls, un Mélange de Soul et de Jazz
Lou Rawls est né le 1er décembre 1933 à Chicago, Illinois. Son père a abandonné sa famille et Lou a été élevé par sa grand-mère. Sa première rencontre avec la musique remonte à l'âge de sept ans, dans une chorale d'église baptiste. Il a été principalement influencé par le théâtre Chicago Regal où il a eu l'occasion de voir le meilleur du divertissement noir. Billy Eckstine et Arthur Prysock n'étaient que deux des meilleurs que Lou ait vus. En 1958, il a été impliqué dans un grave accident de voiture qui en a tué un et Rawls a été déclaré mort sur le chemin de l'hôpital. Lou est resté dans le coma pendant plus de cinq jours et a subi une perte de mémoire pendant plusieurs mois. Sam Cooke était également dans l'automobile et n'a pas été blessé. Rawls a été remarqué pour la première fois par le producteur de Capitol Records Nick Benet après avoir remarqué sa gamme de quatre octaves alors qu'il se produisait dans un café de Pandora à Los Angeles. Comme pour beaucoup d'artistes soul, les années 1970 voient la carrière de Rawls s'essouffler. Chez MGM depuis 1971, il ne retrouve guère les charts R&B. Il faut attendre 1975 et un bref passage par le label Dell pour que son titre « She's gone » lui permette de retrouver le succès. En 1976, Lou Rawls rejoint le label Philadelphia International Records et enregistre un nouvel LP, « All Things In Time ». Dynamitées par le tube « You'll Never Find Another Love like Mine », les ventes de l'album décollent pour bientôt atteindre le million aux États-Unis (disque de platine). Sur cette lancée largement empreinte de disco, Lou Rawls enregistre des succès à la fin des années 1970 : « Groovy People »...
Biographie de Lou Rawls
Louis Allen Rawls dit Lou Rawls (Chicago, 1er décembre 1933 – Los Angeles, 6 janvier 2006) était un chanteur de jazz, de blues et de Philly soul américain. Élevé par sa grand-mère, Louis Allen Rawls passa son entière jeunesse dans la ville de Chicago, les formations dont il faisait partie passant avec les années. Dès l'âge de 7 ans, il chante dans un chœur à l'église. Après l'école, lui et son copain Sam Cook se retrouvent au sein du « Teenage Kings of Harmony », un groupe de gospel local. Adolescent, il devient membre des « Holy Wonders » puis des « Highway QCs »... remplaçant son ancien camarade de classe en partance pour les Soul Stirrers. À 20 ans, Louis confirme ses ambitions de chanteur gospel en rejoignant la troupe des « Chosen Gospel Singers » ; il y vit ses premières années de métier avant de rejoindre les « Pilgrim Travelers » (1954). Stabilisé, il ne quitte son nouveau groupe que pour effectuer son service militaire entre 1956 et 1958 ; à son retour, il réintègre la formation et repart en tournée... une nouvelle fois en compagnie du jeune Sam Cook, que l'on nomme désormais Cooke et célèbre depuis son « You Send Me » (1957). C'est au cours de cette tournée avec les « Pilgrim Travelers » qu'il est gravement blessé lors d'un accident de voiture. Déclaré mort, finalement dans le coma, souffrant d'amnésie durant près de trois mois, Louis prend la brutale décision de rompre avec le gospel (et, ce faisant, avec son groupe). Un an de récupération plus tard, le chanteur part pour Los Angeles et enchaîne les tournées dans les cafés et clubs de la ville. Entre 1962 et 1966, Lou Rawls commercialise 6 albums chez Capitol
Carrière de Lou Rawls
Entre 1962 et 1966, Lou Rawls commercialise 6 albums chez Capitol. Gardant le style qui lui a permis de lancer sa carrière, le chanteur reste fidèle au jazz malgré les limites commerciales du genre. Ainsi les ventes ne décollent guère, et il faut attendre The Shadow of Your Smile (1966) pour que Rawls place un titre dans les charts R&B. Des titres qu'il a enregistrés à cette période, on peut également retenir Stormy Monday (1962), Willow Weep for Me (1962), St James Infirmary (1964). En février 1966 paraît « Live ! », son 6e LP enregistré en concert. Encore très jazz, il est néanmoins parsemé de nombreuses phases parlées, proches en leur intensité de certains titres soul. L'album devient gold (500.000 exemplaires vendus) et accélère la carrière de Rawls, chargé en août de la même année de faire la première partie des Beatles, à Cincinnati. Le chanteur y promeut alors les titres de son nouvel album, « Soulin' ». « Soulin' » (1966), c'est un premier tournant dans la carrière de Lou Rawls. Le chanteur s'est en effet décidé à chanter de la soul et les effets du virage artistique ne tardent pas puisque l'album se vend très bien, porté par le premier tube de Rawls, « Love is a Hurting Thing » (n°1 des ventes R&B, proche du Top 10 Pop). Si « Soulin' » surprend par le mélange parfois maladroit de soul et de jazz, il marque les débuts d'une carrière grand public pour Lou Rawls. La fin des années 1960 sourit au chanteur. En 1967, il enregistre « Dead End Street » pour lequel il reçoit un premier Grammy et qui se vend également très bien (3e des ventes R&B). Peu à peu, le chanteur délaisse complètement ses origines jazz pour verser dans de la Philly soul.
Discographie de Lou Rawls
« Lou Rawls and Strings » (1965).Lou Rawls a tenté de mettre sa propre empreinte sur le matériel ringard, ajoutant des interjections telles que « I said » et « Talkin ' ' bout » aux paroles, et même en ajoutant le remarque « Alaska ain't got nothin' on ya, baby », pendant « Cold, Cold Heart ». De toute évidence, Capitol Records n'était pas satisfait des ventes marginales de Rawls après quatre albums et recherchait une approche différente avec le chanteur. Faire revivre les années 1920 n'était probablement pas la voie du succès populaire. « All Things in Time » (1976).Sur cet album, Rawls a également eu la chance de travailler avec le chimérique Bunny Sigler. « Need You Forever » et « Frow Now On » ont Sigler accentuant les bords plus rugueux de Rawls. Malheureusement, toutes les pistes ne sont pas excellentes. Malgré l'arrangement imaginatif de Dexter Wansel, « Pure Imagination » n'a pas pu être sauvé. Toutes les choses dans le temps se terminent sur une bonne note. Sur « Let's Fall in Love All Over Again », une chanson précédemment réalisée par Billy Paul et Nancy Wilson, la prise de Rawls est sans doute la meilleure version. « Lou Rawls Live » ().Fort du succès de ses dates soul et R&B du milieu des années 70, Philadelphia International a publié cet enregistrement live mettant en vedette Rawls faisant le blues pur, les ballades jazzy et les standards pré-rock qu'il réservait normalement aux clubs et aux concerts. Rawls a repris des chansons telles que « Six Cold Feet of Ground », « Blues for a Four String Guitar » et « Everyday I Have the Blues ». « Sit Down and Talk to Me » (1980). Un bel album Rawls sur Philadelphia International.