Principaux Groupes de la Philadelphia Soul
La Philadelphia soul, parfois appelée Philly soul, Philadelphia sound, Philly sound ou T.S.O.P. (The Sound of Philadelphia), est un style de musique soul, originaire de la ville de Philadelphie aux États-Unis, populaire à la fin des années 1960 et dans les années 1970. Caractérisé par des influences funk et jazz, des arrangements sonores riches comportant souvent des instruments à cordes (violons, guitares...), une batterie marquant le rythme sur la Grosse caisse plutôt que sur la caisse claire, des cuivres et des chœurs pénétrants et accordés, ce style est souvent présenté comme le précurseur de la musique disco. En raison de l'accent mis sur le son et l'arrangement et l'anonymat relatif des nombreux musiciens jouant en groupe en studio, la soul de Philadelphie est souvent considérée comme un genre de producteur. Bunny Sigler, Kenny Gamble et Leon Huff sont reconnus pour avoir développé le genre. Le label Philadelphia International Records, fondé en 1971 par Gamble et Huff, a contribué à une large diffusion de ce style. Les principaux auteurs-compositeurs et producteurs de soul de Philadelphie sont, outre Gamble et Huff, Bobby Martin, Thom Bell, Linda Creed, Norman Harris, Dexter Wansel, ainsi que les équipes de production McFadden & Whitehead. Ils travaillent avec une écurie de musiciens de studio utilisée comme support sur de nombreux enregistrements pour développer le son unique de Philadelphie. Beaucoup de ces musiciens enregistrent également en leur nom, comme le groupe instrumental MFSB, qui obtient un succès avec TSOP (The Sound of Philadelphia) en 1974, un morceau emblématique de la soul de la Philadelphia Soul.
Fabuleuse Histoire de la Philadelphia Soul
Dans les années 1960, la ville de Philadelphie n'est pas reconnue pour ses productions de soul music, comme peuvent l'être Memphis ou Détroit, grâce aux firmes Stax et Motown. Quelques petits labels représentent quand même ce style musical, comme Harthon Records, fondé en 1963, Cameo-Parkway, ou Arctic, qui obtient un hit national en 1965 avec Yes, I'm Ready de Barbara Mason, enregistrement sur lequel figurent d'ailleurs les musiciens Norman Harris, Earl Young, Ronnie Baker et Kenny Gamble. Ces labels jettent les bases de la soul de Philadelphie. Gamble et Huff font partie des Romeros, signés chez Arctic, Thom Bell travaille pour Cameo-Parkway et les futurs Trammps, qui s’appellent encore les Volcanos, officient chez Harthon. Gamble et Huff fondent Gamble Records en 1966, puis Neptune en 1969, tandis que Thom Bell est embauché comme A&R par Philly Groove à sa création en 1967. Les premiers tubes du Philly sound sont Expressway to Your Heart des Soul Survivors en 1967, La-La (Means I Love You) et Ready or Not Here I Come (Can't Hide from Love) des Delfonics, Cowboys to Girls et (Love Is Like a) Baseball Game des Intruders en 1968. Le groupe texan Archie Bell & the Drells, qui a déjà connu le succès avec Tighten Up, vient à Philadelphie enregistrer I Can't Stop Dancing avec Gamble & Huff. Ces chansons ont en commun « un goût pour les arrangements somptueux, les volutes de violons, les mélodies sucrées et les voix passionnées ». Ces succès poussent Gamble et Huff à fonder Philadelphia International Records (P.I.R.) en 1971. La major Atlantic demande à Thom Bell de reprendre la carrière des Spinners.
Principales Influences de la Philly Soul
Le succès de ces productions incite des artistes de renommée internationale à venir travailler à Philadelphie. Dusty Springfield y enregistre l'album A Brand New Me dès 1969, Wilson Pickett grave Wilson Pickett in Philadelphia en 1971, David Bowie enregistre Young Americans aux Sigma Sound Studios en 1974, et les Jacksons, qui viennent de quitter Motown, collaborent avec Gamble & Huff et McFadden & Whitehead pour l'album The Jacksons en 1976. Dans la chanson Philadelphia Freedom, Elton John rend hommage à la musique de la ville en même temps qu'à la joueuse de tennis Billie Jean King. Des morceaux comme Love Train des O'Jays, TSOP de MFSB, The Love I Lost d'Harold Melvin ou You'll Never Find Another Love like Mine de Lou Rawls, contiennent les prémices de la musique disco, notamment grâce au jeu de batterie d'Earl Young. Certaines des productions plus tardives des labels de Philadelphie, comme Brazil et The Best Disco in Town par The Ritchie Family ou Do It Any Way You Wanna de People's Choice, sont d'ailleurs à 100% des titres disco. La reprise de Don't Leave Me This Way d'Harold Melvin & the Blue Notes par Thelma Houston est un tube disco en 1976. Les morceaux K-Jee par MFSB et Disco Inferno par The Trammps sont choisis pour figurer sur la bande son du film Saturday Night Fever en 1977. Ces succès poussent Gamble et Huff à fonder Philadelphia International Records (P.I.R.) en 1971. La major Atlantic demande à Thom Bell de reprendre en main la carrière des Spinners, pour qui il écrit notamment I'll Be Around et Could it Be that I'm Falling in Love. The O'Jays obtiennent hits avec Love Train, Back Stabbers...
Philadelphia Sound, Suite Logique de la Soul
A la fin des années 60, la soul de Philadelphie envahit toute la ville, tout le pays et dépasse même les frontières américaines. Et ne pensez pas que c’est parce que vous connaissez la soul, que vous connaissez le Philly Sound, tant il fut novateur, précurseur et détenait des sonorités bien particulières. Avec ses touches de funk, ses basses groovy mais aussi son utilisation de claviers et de guitares électriques, Philadelphie vit naître un genre jamais pratiqué auparavant qui aujourd’hui existe évidemment dans l’héritage de la musique de la côte Est, mais aussi plus globalement dans tout le R&B mondial. Ayant suivi les artistes de la Motown qui dans les sixties commençait à être dépassée, tous ces artistes ont profité du génie des producteurs et des labels de Philly (Bobby Martin, Thom Bell ou Norman Harris) pour créer leur style signature à la croisée des chemins entre le funk, le disco et la soul. Dans l’histoire de la musique américaine, la transition entre l’acoustique, le vocal puis l’électronique et les beats est définitivement passée par Philadelphie, à tel point que dans les années 70, la ville de Pennsylvanie était devenue l’endroit pour permettre aux artistes en vogue de percer. Les studios étaient équipés d’instruments et d’effets que personne d’autre ne possédait et surtout, les producteurs, impliqués à 100% dans leurs projets et leurs idées savaient tous apporter leur patte tellement groovy si caractéristique de la Philly Sound. Dans le Sud de la ville, les studios de productions pullulaient et beaucoup de personnalités étaient prêtes à parcourir pas mal de kilomètres. Les influences marquées dans les sonorités qui virent naître le personnage Ziggy Stardust.